LES HOMMES ORDINAIRES

Les Hommes Ordinaires is a series of portraits conceived as objects. Within this body of work, Shojaian replaces traditional frames with boxes, designed as large-scale reproductions of the presentation cases used for medals by the French Ministry of War (1791–1945).

An Iranian artist based in France, Shojaian situates his practice within a reflection on the material forms of war memory. His experience of compulsory military service in Iran serves as a key point of reference, from which he examines the mechanisms through which masculine identities are constructed in contexts of conflict, as well as notions of duty, resistance, and vulnerability.

The work connects this personal experience with a European historical memory within which he now takes his place. Developed over a period of more than two years, the project reaches its full form in a contemporary context marked by the return of war as a tangible reality within collective experience.

Without adopting a single critical stance or engaging in an act of celebration, the series offers a reflection on the conditions of existence in wartime. It considers artistic creation as a mode of response to an imposed reality, in which the scope for individual action is profoundly constrained.

Through the use of materials associated with preciousness (velvet and satin), Shojaian draws on the codes of official commemoration. He thus produces objects that create a tension between formal refinement and historical violence, opening a space for reflection on the ways in which the experience of war is represented and transmitted.

*******

Les hommes ordinaires est une série de portraits conçus comme des objets. Dans ce corpus, Shojaian substitue aux cadres traditionnels des boîtes, réalisées comme des reproductions à grande échelle des écrins de médailles du ministère français de la Guerre (1791–1945).

 Artiste iranien installé en France, Shojaian inscrit sa démarche dans une réflexion sur les formes matérielles de la mémoire de guerre. Son expérience du service militaire obligatoire en Iran constitue un point d’ancrage essentiel, à partir duquel il interroge les mécanismes de construction des identités masculines en contexte de conflit, ainsi que les notions de devoir, de résistance et de vulnérabilité.

 Le travail met en relation cette expérience personnelle avec une mémoire historique européenne, auprès de laquelle il prend aujourd’hui place. Développé sur une période de plus de deux ans, le projet trouve sa forme aboutie dans un contexte contemporain marqué par le retour de la guerre comme réalité tangible au sein de l’expérience collective.

 Sans relever d’une posture critique univoque, ni d’une entreprise de célébration, la série propose une réflexion sur les conditions d’existence en temps de guerre. Elle envisage la création comme un mode de réponse à une réalité imposée, dans laquelle les cadres d’action individuels se trouvent profondément contraints.

À travers l’usage de matériaux associés à la préciosité  (velours et satin) Shojaian mobilise les codes de la commémoration officielle. Il produit ainsi des objets qui instaurent une tension entre raffinement formel et violence historique, offrant un espace de réflexion sur les modalités de représentation et de transmission de l’expérience de guerre.